<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-409569205655224861</id><updated>2012-01-29T21:02:57.886-05:00</updated><category term='*'/><title type='text'>Un républicain errant</title><subtitle type='html'>...par ses double-foyers, observait tristement, son royaume étranger.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>..............</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07757381534761916659</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>8</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-409569205655224861.post-815838423237796306</id><published>2011-05-05T11:23:00.011-04:00</published><updated>2011-05-13T15:09:55.499-04:00</updated><title type='text'>Les Québécois bâtissent l'arche de Noé de la gauche en Amérique du Nord</title><content type='html'>&lt;span style="font-family:georgia;font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le NPD est passé de 17,0 % des voix au Canada hors Québec aux élections fédérales de 1962 à 26,4 % en 2011. Toute une progression en 49 ans !&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;font-size:78%;"&gt;Après la percée du Tea Party aux États-Unis en 2010, voilà que le Canada hors Québec vient de donner un superbe 47,3 % de ses voix au Parti conservateur et une majorité de ses sièges à ce parti dans le prochain Parlement fédéral.&lt;br /&gt;En 50 ans d’existence du NPD et 17 élections fédérales, la seule fois où les conservateurs ont gagné une majorité de sièges dans une législature fédérale, c’était grâce à des conservateurs à la façon québécoise, des gens qui votaient contre la peine de mort, laissaient la Cour suprême légaliser l’avortement, soutenaient le boycott de l’Afrique du Sud pour combattre l’apartheid et adoptaient des politiques environnementales saluées par Elizabeth May, la nouvelle députée fédérale du Parti vert.&lt;br /&gt;Il y a même eu des conservateurs québécois des années Mulroney (1984-93) pour proposer d’étendre la clause anti-briseurs de grève du Code du travail du Québec aux travailleurs sous juridiction fédérale. Le dernier représentant de cette race de conservateurs travaillistes est l’un des quatre députés bloquistes qui nous restent, Louis Plamondon.&lt;br /&gt;Les conservateurs ont changé. En 2011, ils sont plus à droite que jamais.&lt;br /&gt;Le Parti libéral du Canada a changé aussi, et dans la même direction. Pendant qu’il était au pouvoir à Ottawa de 1993 à 2006, et avec moins d’appuis que jamais au Québec, le PLC de Chrétien et de Martin a, pour éliminer le déficit fédéral sans toucher aux abris fiscaux des riches, sabré dans la couverture de l’assurance-chômage et dans les transferts qui servaient aux provinces à financer leur système de santé et des programmes sociaux.&lt;br /&gt;Le NPD n’a strictement rien pu faire pour empêcher la dérive à droite de l’État fédéral, parce qu’il était dans l’opposition, comme il l’est encore pour des années, malgré l’appui massif des Québécois. Si l’électorat du reste du Canada désapprouvait la dérive des libéraux de Chrétien, il pouvait changer sa majorité de députés libéraux de l’époque pour une majorité néo-démocrate, ce qu’il n’a pas fait. Le Bloc, lui, défendait les chômeurs et les transferts aux provinces avec autant de conviction que le NPD et les Québécois lui donnaient un appui massif. Toutefois, en étant bientôt seulement le cinquième de l’électorat du pays, les Québécois pourront moins que jamais imposer au reste du Canada leur « préjugé favorable aux travailleurs » et au monde ordinaire, peu importe la couleur de leur députation.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;En résumé, même avec les conservateurs et les libéraux qui lui ont laissé le champ libre à gauche, le NPD est passé de 17,0 % des voix au Canada hors Québec aux élections fédérales de 1962 à 26,4 % en 2011. Toute une progression en 49 ans !&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Mais miraculeusement, les Québécois, unilingues ou bilingues ou polyglottes, mais plus décrocheurs que jamais du reste de l’Amérique du Nord, ont offert cette année un splendide prix de consolation à la gauche canadienne-anglaise tenue en marge du pouvoir fédéral depuis 50 ans, un cadeau payé du sacrifice d’un parti qui défendait les consensus québécois ou qui était aussi favorable au logement social ou au transport en commun que le NPD et plus fiable que lui sur le contrôle des armes à feu.&lt;br /&gt;Quand Wilfrid Laurier disait que les Canadiens français n’ont pas d’opinion, mais seulement des sentiments, il n’avait encore rien vu.&lt;br /&gt;Et tout cela n’empêche pas la très grande noirceur conservatrice de descendre sur le pays.&lt;br /&gt;Pour que Jack Layton soit premier ministre fédéral, et non pas du Québec, il ne s’agit pas que le NPD soit l’opposition, sinon le Bloc québécois faisait très bien l’affaire. Il faudrait que le NPD obtienne une majorité de sièges dans l’ensemble du Canada et prenne le pouvoir à Ottawa.&lt;br /&gt;Le NPD aime bien se vanter d’être à l’origine de l’assurance-maladie. Mais c’était en Saskatchewan en 1962 et nous avons eu cela au Québec par Robert Bourassa en 1970. Depuis des années maintenant, ce sont plutôt des innovations québécoises, comme l’assurance-médicaments publique ou les garderies à 7 $, qui ont fait rêver les néo-démocrates au Canada anglais. Sans parler des frais de scolarité très bas.&lt;br /&gt;En 2011, le NPD a certes un petit peu plus profité que le Parti conservateur de la disparition graduelle du Parti libéral du Canada, mais des idées de droite n’ont jamais été aussi fortes au Canada, et pas seulement en matière de politiques sociales. Les libéraux de Chrétien avaient encore le culot de ne pas envoyer nos soldats en Irak en 2003, les libéraux d’Ignatieff ont voté avec les conservateurs pour maintenir des forces canadiennes en Afghanistan, et le Canada est maintenant impliqué militairement en Libye. Les néo-démocrates oseront-ils aller sérieusement à l’encontre du penchant canadien-anglais, qui est de dépenser de plus en plus dans la défense dite nationale ou de s’aligner sur Washington, et généralement les deux ?&lt;br /&gt;Le NPD devra pourtant changer un bon paquet d’électeurs au Canada hors Québec en électeurs néo-démocrates, sinon les philosophes risquent d’attendre longtemps le grand soir.&lt;br /&gt;Lors de l’élection provinciale québécoise de 1966, 8,3 % des voix exprimées sont allés aux deux premiers et nouveaux partis indépendantistes qu’étaient le RIN et le RN. 29 ans plus tard, en 1995, le projet d’un État québécois souverain où la proclamation de l’indépendance politique serait précédée d’une offre d’association économique au Canada anglais, recueillait 49,5 % des voix lors du référendum. Pour que le Québec soit un pays à l’égal du Canada lui-même et de près de deux cents autres États dans le monde, il a manqué 30 000 voix.&lt;br /&gt;Au lieu d’essayer de changer les Canadiens hors Québec, ne pourrait-on pas convaincre une majorité ici d’opter pour l’indépendance du Québec ? Nous vivrions ainsi avec un gouvernement à nous, un seul, au lieu de deux demi-gouvernements, dont l’un étranger.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/409569205655224861-815838423237796306?l=pierre-croteau.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/feeds/815838423237796306/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2011/05/larche-de-noe-de-la-gauche-en-amerique.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/815838423237796306'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/815838423237796306'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2011/05/larche-de-noe-de-la-gauche-en-amerique.html' title='Les Québécois bâtissent l&apos;arche de Noé de la gauche en Amérique du Nord'/><author><name>..............</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07757381534761916659</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-409569205655224861.post-7863229129467227422</id><published>2010-10-17T21:48:00.058-04:00</published><updated>2011-11-14T20:48:28.307-05:00</updated><title type='text'>La culture avec un cul  ou  Du pain et des jeux</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;Dans leur justification de la construction à Québec d’une arène additionnelle pour accueillir des parties de hockey de la Ligue nationale de hockey, certains commentateurs ont parlé d’un soutien à la « culture populaire », quelque chose que nos gouvernements devraient soutenir parce que le gouvernement du Québec, le vilain, a encouragé la « culture avec un grand c » (leur expression) en finançant la construction d’une salle de spectacle pour l’Orchestre symphonique de Montréal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est très mal inspiré comme catégorisation. Le prix d’un siège pour un match de hockey des Canadiens de Montréal se situe entre 30 et 230 dollars. À 30 $, le spectateur est juché si haut qu’il ne voit pas la rondelle sans longue vue. Ce qu’il voit le mieux, c’est la pub. Celui des 23 joueurs de l’équipe qui est le moins payé gagne 550 000 $ par an. Une admission pour un concert de l’OSM avec tout l’orchestre coûte entre 28 et 165 dollars. À 28 $, le son est encore très convenable. Le salaire moyen des 91 musiciens est de 75 000 $ par an.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le prix de l’équipement de hockey d’un jeune, un équipement qu’il faudra renouveler quelques fois avant qu’il n’ait fini de grandir, des parents peuvent acheter à un enfant presque n’importe quel instrument de musique de qualité, et ce sera pour la vie.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLw5dGCZOyI/AAAAAAAAAEE/YOQ_xdN3ly0/s1600/accord%C3%A9oniste.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 225px; FLOAT: right; HEIGHT: 305px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5529357614503770914" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLw5dGCZOyI/AAAAAAAAAEE/YOQ_xdN3ly0/s400/accord%C3%A9oniste.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Mais je ne suis pas ici pour régler des comptes avec certains intellectuels qui ont décidé de « faire peuple ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour moi, autant un Colisée nouveau à Québec qu’une salle pour l’OSM à Montréal, ce n’est pas de la culture populaire ou de la culture avec un grand c, c’est surtout et toujours de la culture avec un cul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu’on obtient, ce sont des gradins pour des spectacles, spectacles sportifs ou musicaux. Ce qu’on aide, c’est le secteur de la construction. Et l’inculture populaire subsiste, lourdement, bruyamment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Promouvoir la culture, cela devrait autre chose que promouvoir les arts et spectacles.&lt;br /&gt;Je suis écœuré d’entendre dire ou de lire que la culture crée des emplois ou est un secteur de l’économie. Écoeuré d'entendre parler de courses ou d'arènes qu'il faut subventionner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La culture d’un peuple, ce n’est pas tant apparent quand des personnes applaudissent notre grand Michel Rivard, que quand elles peuvent chanter ses chansons par cœur autour d’un feu de camp, ou quand survient une panne d'électricité; c'est quand elles peuvent chanter une chanson de Bizet ou fredonner un air de Mozart, longtemps, longtemps, longtemps, après que les poètes soient disparus. La culture, c’est quand elles savent jouer d’un instrument de musique, chanter dans les fêtes ou réciter un poème, et non pas quand elles achètent un livre, un disque, un film ou un bijou qui dormira sur les tablettes ou dans un coffre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La culture d’un peuple, ce ne s’observe pas quand des foules se lèvent pour ovationner des athlètes, mais quand elles patinent, nagent, dansent, marchent, ou courent, et savent prendre leurs pouls. La culture, c’est aussi la culture physique. Et c’est bien autres choses encore.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLxEPoue8yI/AAAAAAAAAEc/FWUjHpLDM_w/s1600/patineuse+%C3%A0+Bucarest.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 400px; FLOAT: right; HEIGHT: 259px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5529369477925237538" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLxEPoue8yI/AAAAAAAAAEc/FWUjHpLDM_w/s400/patineuse+%C3%A0+Bucarest.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLxFyY7f1rI/AAAAAAAAAEk/qwP_TljEWIc/s1600/SENTIERS_2-2-e1e5b.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 350px; FLOAT: left; HEIGHT: 244px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5529371174491903666" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLxFyY7f1rI/AAAAAAAAAEk/qwP_TljEWIc/s400/SENTIERS_2-2-e1e5b.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La culture, c’est aussi de savoir jardiner, cuisiner, recevoir, se tenir à table, faire sa déclaration de revenus soi-même, raconter l’histoire de sa ville aux enfants et aux immigrants, participer à une assemblée délibérante sans suggérer qu’on suspende les règles de procédures en s’imaginant niaisement que la réunion va aller mieux ainsi ou pour dissimuler sa paresse intellectuelle, comme si l’expérience des générations antérieures ne valait pas quelques apprentissages à peine forçants. Comment peut-on penser que la culture avance quand le savoir-vivre recule? La culture, c'est la civilisation avant que ses aqueducs et ses cimetières soient l'objet de l'archéologie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec moi et bien des hommes et des femmes de ma génération, une certaine culture livresque est devenue plus courante que jamais dans l’histoire du genre humain. Des « génies en herbe » ont poussé, nombreux, mais l’art de coudre et de repriser les vêtements s’est perdu. On jette les vêtements abimés. La culture, ce n’est pas seulement ce que les yeux, les oreilles et la bouche avalent, c’est ce que les mains savent fabriquer. Je dis les mains, mais le cerveau humain est toujours à l’œuvre dans tout cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon père avait appris le latin et du grec dans ses études au cours des années 1940, et il se trouve encore des gens pour trouver que la connaissance des langues, mortes ou vivantes, c’est ça, la culture. Une fois sorti de l’école, puis marié et père de famille, le brave homme a oublié beaucoup de latin et tout le grec, mais il a appris à bricoler, ce que tu apprends moins souvent au pensionnat que sur une ferme, là où ma mère avait eu l'occasion de développer des aptitudes manuelles très tôt. La culture, c’est aussi ce que des personnes savent fabriquer, y compris en soustrayant par leur travail artisanal de l’ouvrage chèrement payé aux professionnels de la rénovation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains ne jurent que par le bilinguisme et le multilinguisme, mais j’ai connu bien des personnes unilingues et très cultivées, et c’est une espèce qui me semble en voie de disparition, pendant que semblent proliférer les bilingues qui font montre d’inculture navrante et d'affectation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, des fauteuils, c’est plus confortable, chez soi ou dans un lieu public, pour lire son journal ou assister à un concert, autant que pour assister à une joute de hockey.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle est la culture populaire qu’il faut soutenir en priorité ? Je n’ai pas de conception précise ou de programme détaillé à ce sujet, mais mon petit doigt me dit que cela devrait être autre chose qu’une spectatorisation croissante et déshumanisante du peuple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLuqvbIn1RI/AAAAAAAAAD8/hqNNhf_OOkk/s1600/fiert%C3%A9.JPG"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 400px; FLOAT: right; HEIGHT: 383px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5529200699241911570" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLuqvbIn1RI/AAAAAAAAAD8/hqNNhf_OOkk/s400/fiert%C3%A9.JPG" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Du pain et des sièges&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dit que les empereurs romains gardaient tranquille le peuple, on disait la plèbe, en lui garantissant « du pain et des jeux ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde croit comprendre qu’un régime politique qui ne permet pas aux gouvernés de se nourrir ne trouvera aucun soutien. Un proverbe français dit : Ventre affamé n’a point d’oreille. Tout le monde croit savoir qu’une foule affamée n’a peur de rien, même d’un régime bien armé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et des jeux ? Pourquoi des jeux en plus ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eh bien, en fait, bien des révoltes ont eu lieu chez des peuples qui n’étaient pas affamés. Peut-être pas à l’aise, certainement pas satisfaits, craignant parfois d’être bientôt affamés, mais pas tout à fait affamés déjà. En fait, les populations vraiment affamées n’ont même plus la force de se révolter. Exemple : la Corée du Nord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’est pas certain qu’en amusant le peuple, en le divertissant, en le distrayant, on arrive à le tenir éternellement tranquille. La science politique, l’art du gouvernement, n’est pas encore une science assez avancée pour garantir quoi que ce soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reste que les gouvernements, autant dans les démocraties que les régimes despotiques, croient qu’il faut des jeux. Ils ne prennent pas de risque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les jeux, cela s’appelle d’un autre nom au Canada et au Québec. Cela constitue une part écrasante de ce qu’on appelle la culture, et cela désigne en réalité les arts et spectacles, incluant les spectacles sportifs.&lt;/span&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLuqA3QmNrI/AAAAAAAAAD0/r6-uRrHHy54/s1600/jeu+des+gladiateurs.JPG"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 400px; FLOAT: right; HEIGHT: 309px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5529199899337701042" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLuqA3QmNrI/AAAAAAAAAD0/r6-uRrHHy54/s400/jeu+des+gladiateurs.JPG" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;Je serais tenté de croire que nos grands et petits Césars modernes nous aiment mieux assis et en train d’applaudir que debout et en train de marcher (Dieu sait sur quoi … ), alors quand des promoteurs de spectacles leur demandent des sièges pour asseoir des spectateurs, ils finissent souvent par céder, surtout qu’il faut souvent multiplier les foules en ajoutant celles qui sont assises à la maison, grâce à la téléspectatorisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voter n’est pas le geste le plus révolutionnaire qu’on puisse imaginer, évidemment.&lt;br /&gt;« Élections, piège à cons », disent les anarchistes et les paresseux. Mais assez curieusement et ironiquement, à moins d’être beaucoup diminué par la maladie ou l’âge, le citoyen vote debout lors d’une élection à bulletins secrets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Debout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* * * *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand le gouvernement canadien a négocié le traité de libre échange avec le gouvernement américain, il a tenu à introduire une clause pour protéger ce qu’on appelle à Toronto et à Ottawa les cultural industries (les industries culturelles). Les négociateurs américains ne comprenaient pas ce dont il s’agissait jusqu’à ce que quelqu’un traduise cela par mass entertainment (divertissement de masse).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’habitude de s’en faire accroire, sur toutes sortes de choses, les Canadiens pourraient en remontrer aux Américains.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/409569205655224861-7863229129467227422?l=pierre-croteau.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/feeds/7863229129467227422/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2010/10/des-pains-et-des-sieges.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/7863229129467227422'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/7863229129467227422'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2010/10/des-pains-et-des-sieges.html' title='La culture avec un cul  ou  Du pain et des jeux'/><author><name>..............</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07757381534761916659</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/TLw5dGCZOyI/AAAAAAAAAEE/YOQ_xdN3ly0/s72-c/accord%C3%A9oniste.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-409569205655224861.post-8586660285704694252</id><published>2010-04-15T14:47:00.031-04:00</published><updated>2010-10-18T07:44:42.115-04:00</updated><title type='text'>Oncle Michel, notre vieux baptême</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Vers 1983, collaborateur à la rédaction et à la mise en pages de &lt;em&gt;Matricule&lt;/em&gt;, le journal étudiant de campus à l’Université Laval, je trouvai parmi des documents d’archives disparates de cette publication une cassette quelconque datée de juin 1976, mais pas autrement identifiée, où un conférencier éreintait les ingénieurs et les cabinets d’ingénieurs, louait le travail bien fait de l’ouvrier professionnel, raillait la pudibonderie en mordant dans le mot « baise » et autres mots crus, et pourfendait à n’en plus finir l’incompétence et la morgue des juges canadiens, sans se gêner pour nommer les fautifs, cela va de soi. Don Quichotte et Sancho Panza dans le même homme indigné. Toujours le même. L’orateur n’avait pas besoin de présentation pour moi.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Sur la cassette de l’été 1976, on entendait aussi les rires de l’auditoire. Dans un vieil article rapportant cette allocution dans &lt;em&gt;Matricule&lt;/em&gt;, où j’apprenais que Michel Chartrand avait été ce jour-là invité par l’association des étudiants en droit, le reporter montrait sa gêne que l’auditoire estudiantin puisse si facilement rire des récurrentes et sinistres injustices que relatait le volcanique Gaulois. &lt;a href="http://planete.qc.ca/images/divers/MichelChartrand18a.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 233px; FLOAT: right; HEIGHT: 296px; CURSOR: hand" border="0" alt="" src="http://planete.qc.ca/images/divers/MichelChartrand18a.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a dû faire les mêmes réflexions à tour de rôle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;La première fois que j’avais entendu et vu Michel Chartrand en personne, c’était au printemps 1979, et je fréquentais encore l’école secondaire. Dans le cadre d’une semaine sur les droits humains, nos profs l’avaient invité comme conférencier. Difficile de me rappeler de tout ce dont Chartrand avait alors parlé. D’une voix de Stentor, le sévère moustachu prononçait des jugements à l’emporte-pièce sur tout. Au milieu de vociférations contre la négligence des patrons à assurer la santé et la sécurité au travail, un thème dont il était maître, le syndicaliste (qu’on présentait comme « à la retraite », ce qui ne voulait pas dire grand chose) avait paru prétendre que de faire apprendre la musique devrait être le plus essentiel devoir de l’école. À la période des questions, l’invité avait sans ménagement rabroué plusieurs étudiants questionneurs, parmi lesquels mon ami Noël, qui était pourtant pour moi une incarnation du gros bon sens.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;Avant 1979, je connaissais déjà un peu Michel Chartrand grâce à l’imitation qu’en avait faite l’humoriste André Dubois jusqu’en 1971. L’orateur Chartrand de 1979 n’était pas non plus difficile à imiter, étant une caricature de lui-même, émaillant son discours de cent sacres bien sentis et bien conjugués. Était-ce pour cette raison que ma tante Clarisse cachait les disques des Cyniques que mon cousin Jean-François et moi voulions toujours écouter, même si on ne pigeait pas tout ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;Au printemps 1979, j’avais jadis prié, sur la recommandation quotidienne de mon père, pour le pauvre Viêt-Nam coincé dans la guerre ; j’avais le lointain souvenir d’un président à lunettes et moustache, Allende, dont le gouvernement avait fait distribuer du lait dans les écoles chiliennes ; &lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/S8dylstkkUI/AAAAAAAAAC0/DoIJXrDf8iQ/s1600/Allende+devant+trois+micros.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 151px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5460459065193042242" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/S8dylstkkUI/AAAAAAAAAC0/DoIJXrDf8iQ/s200/Allende+devant+trois+micros.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;je connaissais déjà le drame du Chili torturé par Pinochet depuis 1973 ; je savais déjà par cœur les mauvais coups de la CIA, dignes d’épisodes de &lt;em&gt;Mission impossible&lt;/em&gt; ; je découvrais peu à peu le fanatisme anti-séparatiste de la gendarmerie royale canadienne, grâce aux enquêtes Keable et Macdonald, et j’avais vu &lt;em&gt;Les Ordres&lt;/em&gt; de Michel Brault. Il me restait à voir de mes yeux une grande personne réelle, une sorte de grand-père (de 66 ans à l’époque), gueuler publiquement contre des injustices sociales, et à l’applaudir. À 17 ans, j’ai tout de suite aimé Michel Chartrand, peut-être parce qu'il donne l'impression de s'adresser à quelqu'un d'intelligent, de compréhensif et qui a bonne volonté, quelqu'un qu'il ne ménagera pas et ne flattera pas. J’ai appris dans mes années de cégep ce que les notices nécrologiques mentionnent maintenant depuis mardi matin, à la suite du décès du bonhomme le lundi 12 avril 2010 : que Chartrand a été organisateur électoral et syndical, orateur, défenseur du français au travail, militant de l’indépendance du Québec et de la social-démocratie, et cetera.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;Au milieu des années 1990, professeur d’économique au cégep de Limoilou, je me suis demandé comment l’orateur invité de l’association étudiante ou du syndicat des profs, ben oui, encore Chartrand, pouvait être vraiment sincère et si bouffon d’un même souffle. A-t-on le droit de faire rire une salle d’innocents ou d’étourdis, profs et étudiants confondus, en parlant de choses graves? Depuis longtemps, j’ai conclu par l’affirmative. À l’écran, j’ai pourtant vu au moins une fois Chartrand apostropher rudement un journaliste, et pas vraiment avec raison. Mais on devinait malgré ces petits incidents que l’homme n’avait pas moins de respect pour les gens que beaucoup de personnes polies interrogées par une presse plus forte sur l’étiquette que sur le travail bien fait. Les anathèmes rapides ne pouvaient pas mal servir sa cause puisqu’on le savait sincère à défaut d’être toujours précis. On a ri avec Chartrand, souvent, et presque de lui. Lui s’en foutait. Encore que l'oncle Michel avait mis la pédale douce sur les sacres, dans les années 1990. Il devait savoir que des étudiants québécois de plusieurs générations successives sont restés moins tranquilles et moins étourdis grâce à ses visites, ce qui est l'essentiel. En vieillissant nous-mêmes, nous ne l’écoutions qu’à moitié parce que cela aurait dérangé nos petites vies de faire autrement, mais nous savions que son indignation renouvelée n’était pas un radotage. Hélas. Il y a des injustices et des absurdités qui ne changent pas, ...et qui devraient changer. Cela nous faisait quand même du bien de se les faire rappeler par le vieil apôtre. Comme un nouveau baptême citoyen.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;J’aurais aimé que les autorités québécoises, à défaut des canadiennes, décorent le bonhomme de l’Ordre national du Québec, avant, comme on dit, qu’il passe l’arme à gauche. Jean Gérin-Lajoie, Léa Roback, Louis Laberge et Fernand Daoust, quatre syndicalistes, ont reçu l’Ordre national du Québec. Il y en a peut-être d’autres. Le discret baron de la finance Paul Desmarais, 83 ans, ainsi que ses deux fils et héritiers, n’ont pas été oubliés. L’humoriste Rose Ouellette, surnommée La Poune, est morte à 93 ans après avoir reçu l’Ordre national du Québec six ans plus tôt. Le hockeyeur Guy Lafleur et la chanteuse Céline Dion l’ont reçu aussi. Mais à 93 ans, l’inlassable et inclassable Chartrand faisait encore trop désordre pour recevoir l’Ordre national du Québec. L’oncle Michel a peut-être eu tort de mourir jeune. Il nous manquera.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/S_ElHmqwCuI/AAAAAAAAADM/0CPsOCLdw40/s1600/Mother+Jones.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 139px; FLOAT: right; HEIGHT: 200px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5472195834801031906" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/S_ElHmqwCuI/AAAAAAAAADM/0CPsOCLdw40/s200/Mother+Jones.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;AJOUT DU 16 AVRIL : Je viens de recevoir le dernier numéro de la revue &lt;em&gt;Mother Jones&lt;/em&gt;. Dans la page générique, au-dessus des noms des éditeurs et dirigeants de la revue, c'est écrit :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mary Harris "Mother" Jones (1837-1930)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;orator, union organizer, hellraiser&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Morte à 93 ans, elle aussi. Tiens donc.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/409569205655224861-8586660285704694252?l=pierre-croteau.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/feeds/8586660285704694252/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2010/04/oncle-michel-notre-vieux-bapteme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/8586660285704694252'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/8586660285704694252'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2010/04/oncle-michel-notre-vieux-bapteme.html' title='Oncle Michel, notre vieux baptême'/><author><name>..............</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07757381534761916659</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/S8dylstkkUI/AAAAAAAAAC0/DoIJXrDf8iQ/s72-c/Allende+devant+trois+micros.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-409569205655224861.post-8317886302234617317</id><published>2009-11-11T07:00:00.008-05:00</published><updated>2010-05-17T18:48:38.846-04:00</updated><title type='text'>La guerre de 1914-18 et la France</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Il y a 91 ans aujourd'hui se terminait la Première guerre mondiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerre de 1914-18, qui doit son nom de Première guerre mondiale aux tragédies qu'elle a causées sur plusieurs continents, a frappé particulièrement fort en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se représente mal l’ampleur du coup porté à la francophonie, d’un point de vue purement démographique d’abord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;1&lt;br /&gt;La guerre de 14-18 a tué 1,4 million de soldats français, c’est-à-dire plus qu’elle n’a tué de soldats parmi les Alliés britanniques, canadiens, terre-neuviens, australiens, néo-zélandais, et sud-africains, tous ensemble. Et on pourrait encore ajouter les pertes américaines et indiennes (des Indes), sans changer le constat. &lt;/span&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su2xpUywzbI/AAAAAAAAAAc/xAdm1lURRxs/s1600-h/poilus+avant.jpg"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 135px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399166851801468338" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su2xpUywzbI/AAAAAAAAAAc/xAdm1lURRxs/s200/poilus+avant.jpg" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su20HmKF7gI/AAAAAAAAAA0/msYjGE10TAc/s1600-h/poilus+attaquant.jpg"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 150px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399169570882055682" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su20HmKF7gI/AAAAAAAAAA0/msYjGE10TAc/s200/poilus+attaquant.jpg" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su2yaVChokI/AAAAAAAAAAs/6zDyKbpajB0/s1600-h/poilus+pendant.jpg"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 135px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399167693681173058" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su2yaVChokI/AAAAAAAAAAs/6zDyKbpajB0/s200/poilus+pendant.jpg" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;Si on ajoute aux combattants français de 14-18 la population civile française tuée lors de ce même conflit, on frôle les 1,7 million de décès, ce qui est autant que le nombre des pertes militaires ET CIVILES parmi les Alliés britanniques, canadiens, terre-neuviens, australiens, néo-zélandais, et sud-africains, lors des DEUX guerres mondiales additionnées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Première guerre mondiale a fait encore plus de morts chez les Turcs, les Russes et les Allemands, et des millions de morts chez les Austro-Hongrois et les Italiens, mais compte tenu des 39,6 millions d’habitants en France en 1914, ce pays est, derrière la Turquie frappée par la famine, celui qui a été le plus touché dans sa démographie, et la nation le plus touchée parmi les nations victorieuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun sait aussi que les jeunes hommes morts au combat ne font pas de bébés non plus, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su2x88HIxnI/AAAAAAAAAAk/0wuc0hBt6rs/s1600-h/po+mobilisation+g%C3%A9n%C3%A9rale.jpg"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 120px; FLOAT: right; HEIGHT: 200px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399167188773422706" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su2x88HIxnI/AAAAAAAAAAk/0wuc0hBt6rs/s200/po+mobilisation+g%C3%A9n%C3%A9rale.jpg" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;de sorte que l’effet a un long écho.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En langage de catastrophe télévisée, le 1,7 million de morts parmi les Français équivaut au funeste bilan du 11 septembre 2001 au World Trade Center deux fois et demie par semaine pendant 223 semaines. Mais la Première guerre mondiale n’a pas été télévisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux morts, il faut ajouter les destructions matérielles (bâtiments, mines de charbon, champs), beaucoup plus importantes en France qu’en Allemagne, notamment.&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su64Rd_IMVI/AAAAAAAAABc/nKN400TUyYg/s1600-h/grosse+Bertha.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 144px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399455613510496594" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su64Rd_IMVI/AAAAAAAAABc/nKN400TUyYg/s200/grosse+Bertha.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 140px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399296592044299874" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su4npM3HFmI/AAAAAAAAABU/iiGNe1cUo44/s200/ruines+de+Verdun.jpg" /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su4lvWqArmI/AAAAAAAAABM/GvXCbXFJvuE/s1600-h/train+dans+for%C3%AAt+russe.jpg"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 130px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399294498729668194" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su4lvWqArmI/AAAAAAAAABM/GvXCbXFJvuE/s200/train+dans+for%C3%AAt+russe.jpg" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;Et ajouter encore la ruine de plus d’un million &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;d’épargnants français. Car la Russie d’avant 1914 avait profité de capitaux français pour amorcer son industrialisation, un peu comme le Canada avait profité de capitaux britanniques à la même époque. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mais l’État russe issu de la Révolution bolchévique n’a pas seulement capitulé à l’automne 1917, il a aussi cessé d’honorer les engagements financiers de la Russie vis-à-vis de l’étranger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France a aussi dû ajouter à sa peine ses 4,2 millions de soldats blessés qui ont survécu après l’armistice du 11 novembre 1918.&lt;/span&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su20fYUn03I/AAAAAAAAAA8/fCvTurddLls/s1600-h/poilus+apr%C3%A8s.png"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 194px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399169979484984178" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su20fYUn03I/AAAAAAAAAA8/fCvTurddLls/s200/poilus+apr%C3%A8s.png" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; Plus d’un million d’entre eux sont restés partiellement ou totalement invalides pendant plus de deux décennies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’après-guerre, les vétérans des armées victorieuses durent aussi supporter qu’un nommé Adolf Hitler, au mépris de la vérité historique sur les opérations militaires, prétende que l’armée allemande ne perdait pas la guerre à l’automne 1918, mais avait été « trahie » par les politiciens républicains et sociaux-démocrates de l’Allemagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2&lt;br /&gt;La collaboration de l’administration française avec l’Allemagne nazie et les mesures anti-sémites, sous Philippe Pétain de 1940 à 1944, sont inexcusables. Le cinéma et la littérature en feront sans doute encore longtemps leurs choux gras, comme ils le feront aussi de la bravoure des soldats des Forces françaises libres du général De Gaulle et des actes d’héroïsme des résistants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En se souvenant du carnage de 14-18, on comprend cependant que la population française de 1939 ait pu voir arriver avec angoisse ce qui allait être la Deuxième guerre mondiale, d’où les foules enthousiastes venues acclamer le premier ministre Daladier aux lendemains de la paix de Munich en septembre 1938. La guerre de 1939-45 allait encore retrancher 568 000 militaires et civils à la population française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au final, les pertes humaines de la France lors des deux guerres mondiales dépassent celles combinées du Royaume-Uni, des États-Unis d’Amérique, de l’Australie, des dix provinces canadiennes, de l’Afrique du Sud et de la Nouvelle-Zélande lors de ces deux catastrophes. &lt;/span&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su214FM-reI/AAAAAAAAABE/m3dtMh6yq00/s1600-h/vaste+cimeti%C3%A8re.bmp"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 150px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399171503361011170" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su214FM-reI/AAAAAAAAABE/m3dtMh6yq00/s200/vaste+cimeti%C3%A8re.bmp" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs pays ont souffert beaucoup plus de la Deuxième guerre mondiale que la France et les pays anglophones, et le nombre amoindri des citoyens français à la suite des deux guerres mondiales n’explique pas à lui seul la baisse relative d’influence du français par rapport à l’anglais au 20ième siècle, mais cela a pesé, et on a trop tendance à l'oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;L’auteur habite l’arrondissement de Verdun, à Montréal.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/409569205655224861-8317886302234617317?l=pierre-croteau.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/feeds/8317886302234617317/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/11/la-guerre-de-1914-18-et-la-france.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/8317886302234617317'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/8317886302234617317'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/11/la-guerre-de-1914-18-et-la-france.html' title='La guerre de 1914-18 et la France'/><author><name>..............</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07757381534761916659</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/Su2xpUywzbI/AAAAAAAAAAc/xAdm1lURRxs/s72-c/poilus+avant.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-409569205655224861.post-4146407744722219613</id><published>2009-11-07T07:43:00.063-05:00</published><updated>2009-11-08T07:30:12.149-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='*'/><title type='text'>A. P. Boucher : myope admirée, visionnaire méconnue</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;On a beau s’être fait dans son entourage amical et familial une réputation de donner des cours à qui n’en demande pas, on rencontre parfois son maître. Ou sa maîtresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mienne s’appelait Andrée P. Boucher (1937-2007). Une maîtresse d'école pour électeurs. &lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvV8FoJP1oI/AAAAAAAAABk/MqFd5bcIey4/s1600-h/boucher.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 143px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5401359764218173058" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvV8FoJP1oI/AAAAAAAAABk/MqFd5bcIey4/s200/boucher.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’automne 1984, à l’occasion d’une élection municipale complémentaire, celle qui allait devenir mairesse de Ste-Foy l’année suivante était élue conseillère municipale de St-Matthieu, le quartier que j’habitais alors avec mes parents et mon frère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques semaines plus tôt, je lui téléphonais pour avoir un petit renseignement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En pleine campagne électorale, j’imaginais que l’entretien serait bref. Je n’ai raccroché que deux heures plus tard, les oreilles bourdonnantes, ébloui, fier d’avoir appuyé cette bonne femme dès 1981, et plus instruit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Madame Boucher venait de me faire un cours personnalisé de deux heures, notamment sur l’aménagement du territoire. Le tout sur un ton souvent enflammé, ponctué de formules-chocs et d’éclats de rire, à sa manière maintenant bien connue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au téléphone comme en personne, à moi comme à des milliers d’électeurs, Andrée P. Boucher donnait l’impression que son interlocuteur, même seul et loin des microphones, est quelqu’un d’important.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pas parce qu’on l’a vu écouter plus facilement que d’autres personnes en politique les bredouillages, les complaintes ou les lieux communs de l’électeur moyen. À l'écoute des citoyens ? Mon oeil !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plutôt le contraire en fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Andrée P. Boucher tenait à faire connaître le détail de sa vision de l’intérêt public, comme si vous deviez être parfaitement prévenu de ce qui vous attendait si elle était élue, et comme si vous alliez avoir l’intelligence de comprendre toutes ses explications.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et cela a fini par marcher avec beaucoup de monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est peut-être en ce sens qu’on a pu louer son franc-parler et sa générosité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l’aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et souffrir d’autant plus de ses entêtements, de son manque de vision régionale, ou de ses alliances étranges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* *&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;À partir de 1989 et jusqu’en 2004, j’ai vécu dans le quartier St-Jean-Baptiste puis dans le secteur Limoilou, à jamais plus d’une demi-heure de marche de la Place d’Youville, et encore plus proche de mon travail. &lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWEtIYS4BI/AAAAAAAAAB0/YatAPyyslqA/s1600-h/rue+de+Limoilou.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 150px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5401369238979141650" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWEtIYS4BI/AAAAAAAAAB0/YatAPyyslqA/s200/rue+de+Limoilou.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWEzqupeiI/AAAAAAAAAB8/_G9Vjxe0ubE/s1600-h/ruelle+de+Limoilou.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 150px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5401369351278918178" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWEzqupeiI/AAAAAAAAAB8/_G9Vjxe0ubE/s200/ruelle+de+Limoilou.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant les fusions municipales de 2000, je croyais, comme bien du monde, qu’une part plus grande des taxes municipales perçues dans la communauté urbaine de Québec devaient servir au transport en commun, et aussi que les municipalités-satellites de Québec, dont Ste-Foy, devaient dépenser leur part des fonds qu’attribuaient le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral canadien pour construire des habitations à loyer modique et du logement social. Après tout, l’habitation est la dépense qui pèse le plus lourd dans le budget des ménages canadiens. Le logement est un besoin universel et la pauvreté est un problème pour toute la société. Il n’est pas sain que des municipalités deviennent des ghettos où les gens pauvres ne sont pas les bienvenus. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Comme bien des gens, je pensais aussi que les villes satellites d’une ville-centre devaient participer à son financement, ne serait-ce que pour compenser l’usure que les navetteurs des banlieues imposent à ses rues, boulevards et installations, et sinon pour aider les quartiers centraux de l’agglomération à se repeupler, même en concurrence avec la banlieue. Le centre d’une ville du 21ième siècle ne peut pas être seulement un Disneyland touristique, ou un bosquet de gratte-ciel désert après 17h. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Il faut que des personnes vivent dans des quartiers au centre des villes, entre autres parce que cela rend un quartier plus sécuritaire, aussi parce que ces citadins ont bien moins besoin d’automobiles que les banlieusards, et enfin parce que cela diminue nos importations de pétrole, la pollution atmosphérique et les bouchons sur nos coûteuses autoroutes qui s’usent. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWLoMu2LvI/AAAAAAAAACM/fOyKmW4wbiY/s1600-h/congestion+autorouti%C3%A8re.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 134px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5401376850829520626" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWLoMu2LvI/AAAAAAAAACM/fOyKmW4wbiY/s200/congestion+autorouti%C3%A8re.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Pour couronner le tout, je pensais qu’une autorité municipale s’exerçant sur l’ensemble de l’agglomération était nécessaire pour appliquer un aménagement du territoire rationnel. La concurrence entre municipalités qui engendre des besoins d’école à un endroit dans la ville pendant qu’ailleurs dans la même grande ville on ferme des écoles, cela me paraissait le résultat d’une analyse économique bâclée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, pendant ce temps, ma chère maîtresse d'école jouait les Ponce Pilate des faubourgs et s’opposait à ce qui me semblait le progrès.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;* * *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les éloges funèbres qui ont afflué après son décès soudain, et déjà dans des bons mots à son endroit parus depuis qu’Andrée Boucher s’était révélée nationaliste à feuille d’érable, en 1992, puis opposée aux fusions décidées par un gouvernement péquiste, &lt;em&gt;Le Soleil&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le Journal de Québec&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; ont fait à Andrée Boucher la réputation d’être économe « comme une bonne mère de famille », alors qu’il était sous-entendu que &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-paul_l%27allier"&gt;Jean-Paul L'Allier&lt;/a&gt;, lui, aurait été une sorte de dépensier inspiré de Louis XIV et Louis XV. &lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWAaqju5_I/AAAAAAAAABs/okQP2KoxZ3k/s1600-h/l%27allier.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 133px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5401364523689895922" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWAaqju5_I/AAAAAAAAABs/okQP2KoxZ3k/s200/l%27allier.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les faits contredisent pourtant cette image.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dette municipale de Ste-Foy et les dépenses municipales courantes à Ste-Foy ont augmenté autant sous le règne de seize ans d’Andrée Boucher que la dette et les dépenses municipales dans l’ancienne ville de Québec à la même époque, sous la direction des maires Pelletier et L’Allier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Andrée Boucher était contre les fusions, mais elle a pourtant fini par vouloir diriger la ville nouvelle issue des fusions de 2000, et s’est présentée deux fois à la mairie de la nouvelle ville de Québec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première fois, en 2001, elle a tenté de conquérir la direction de la ville en s’alliant avec de myopes petits chefs de banlieue dont la vision de ce que peut être une ville était beaucoup plus éloignée de la sienne que la vision de Jean-Paul L’Allier et du Rassemblement populaire, qui ont eu le souci de soutenir la fonction résidentielle au centre de l'agglomération, même si cela coûte des sous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà, quand j’étudiais au cégep de Ste-Foy entre 1979 et 1981, on parlait d’étalement urbain dans mes cours de géographie. On parlait et on parle encore. Mais on continue d’étaler. La ville de Québec issue des fusions de 2000, remorcelée depuis, avait une superficie égale à celle de l’île de Montréal et on y trouvait trois fois moins de monde. Et l’île de Montréal est loin d’être un modèle d’aménagement économique et écologique d’un territoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant les années 1985-2000, les Corriveau, Langlois, Beaudoin et autres petits rois de la banlieue de Québec allongaient rues, aqueducs, égouts et dette municipale, pour étaler des bungalows sur les champs et les forêts autour de Québec, éloignant sans cesse la nature sauvage des quartiers déjà peuplés, et portant le bruit des moteurs plus loin.  Pendant ce temps, Boucher tenait tête aux écologistes de pacotille, coupait des arbres sur la pointe ouest du plateau de Ste-Foy, là où les services sont rendus et où le transport en commun a une chance d’être efficace, plutôt que seulement sur les flancs des Laurentides où Ste-Foy avait aussi du territoire, et y faisait construire des zones d’habitations de moyenne densité, plutôt qu’uniquement des pavillons de banlieue. Bref, Andrée Boucher était plus écologiste qu’elle en avait l’air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En une époque d’enseignes fluorescentes démesurées, Andrée Boucher a bataillé pour forcer les commerçants à Ste-Foy à faire du « moins laid ». Même Jean-Paul L’Allier n’a pas été aussi zélé dans l’ancienne ville de Québec. Mais les maires alliés d’Andrée Boucher valaient moins encore, et on peut se demander ce que Madame leur trouvait de si fins. &lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWOpTIwEsI/AAAAAAAAACU/Lva8YiJfbEQ/s1600-h/maple+leaf+flood.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 133px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5401380168263537346" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWOpTIwEsI/AAAAAAAAACU/Lva8YiJfbEQ/s200/maple+leaf+flood.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La deuxième fois qu’Andrée Boucher s’est présentée, en 2005, elle l’a fait seule, mais c’était après que les libéraux de Jean Charest aient bousillé les gains d’efficacité politique régionale de la réforme Harel en donnant beaucoup trop de pouvoirs aux arrondissements, en plus de laisser des bouts de ville se « défusionner », sous les hourras de l’ancienne mairesse de Ste-Foy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, Andrée Boucher a été beaucoup moins inspirée dans sa vision de ce que pouvait être la ville nouvelle que dans sa gouverne de Ste-Foy, où son administration a fait beaucoup plus de bien que de torts. Et avant de devenir &lt;a href="http://www.ville.quebec.qc.ca/archives/souvenirs_quebec/maires/boucher_ap.aspx"&gt;mairesse de Québec&lt;/a&gt;, elle nous a même fait perdre beaucoup de temps avec son esprit de clocher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais elle n’allait pas jusqu’à empêcher les gens de réfléchir, ce que réussit son successeur, sans nécessairement toujours le vouloir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* * * *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est temps que les électeurs des agglomérations du Québec, c'est-à-dire un joli paquet de monde, arrivent en ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et au 21ième siècle, cela signifie qu'il faut se comporter en citoyens responsables de la planète. Nous devons redonner à nos villes leur densité résidentielle d'avant l'invasion automobile, afin de pouvoir diminuer les BESOINS en carburant, en asphalte, en voies rapides et en espaces de stationnement. Et si du même coup nous sommes moins souvent enragés au volant, facilement à bout de souffle dans les escaliers ou mutilés par les accidents routiers, ce sera un autre gain.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWkuIAQl9I/AAAAAAAAACk/HcP_8lJuEek/s1600-h/ferraille+immobile.JPG"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 400px; FLOAT: right; HEIGHT: 206px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5401404440430286802" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvWkuIAQl9I/AAAAAAAAACk/HcP_8lJuEek/s400/ferraille+immobile.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;On peut aussi attendre que le reste de la planète décide pour nous, ce qui est une mauvaise habitude pire que toutes les autres.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/409569205655224861-4146407744722219613?l=pierre-croteau.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/feeds/4146407744722219613/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/11/andree-p-boucher-aveugle-admiree.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/4146407744722219613'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/4146407744722219613'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/11/andree-p-boucher-aveugle-admiree.html' title='A. P. Boucher : myope admirée, visionnaire méconnue'/><author><name>..............</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07757381534761916659</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SvV8FoJP1oI/AAAAAAAAABk/MqFd5bcIey4/s72-c/boucher.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-409569205655224861.post-8466214090991419993</id><published>2009-05-17T09:45:00.017-04:00</published><updated>2009-05-24T07:12:18.197-04:00</updated><title type='text'>Bombay : la digestion</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Une édition de la revue &lt;em&gt;Info-tabac&lt;/em&gt; contenant de &lt;a href="http://www.info-tabac.ca/pdf/revue78.pdf"&gt;mes articles sur la Conférence de Mumbai (Bombay) &lt;/a&gt;est parue en ligne à la fin d'avril.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici même, sur ce blogue, vous avez pu prendre connaissance depuis le 3 mai de ce que j’ai entrevu et surtout entendu, à part des communications de spécialistes, en quelques jours passés à Bombay mars 2009.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Âmes douillettes, allez maintenant lire ailleurs : je vais rendre compte de ce que j’ai senti à Bombay, et de souvenirs d’étudiant et de canoteur qui me sont revenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bombay pue. Sur la péninsule que constitue cette ville, le vent de la mer ne semble pas souffler assez fort en mars pour emporter les odeurs. Bombay pue le soufre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par moment, c’est plus ou moins une odeur de soufre comme dans les environs d’une raffinerie, ou alors qui doit venir du carburant que brûlent les moteurs des véhicules, et peut-être aussi de ces petits poêles au gaz naturel qu’utilisent les petites cantines plus ou moins mobiles installées sur les trottoirs ou au bord des rues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par moment, cette odeur vaguement sulfureuse prend un peu à la gorge. C’est âcre. Cela me rappelle un emploi de ramoneur de cheminées que j’ai eu quand j’étais étudiant. Les cheminées que je ramonais servaient à évacuer les produits de la combustion de l’huile à chauffage, ce qui fait beaucoup plus de suie qu’un moteur d’automobile. Quand on ramone un tuyau, il nous vient dans la gorge un goût âcre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, il y a pire comme irritant dans l’air de la métropole indienne. On m’a dit que c’était l’ozone. L’ozone ne pue pas, cela ne sent rien, mais en traversant la ville en taxi, les fenêtres ouvertes parce qu’on rêve en vain de se rafraîchir, sur la route, j’ai dépassé mon quota. J’avais l’impression d’avoir une substance brûlante sur les muqueuses nasales et que je n’aurais pas le temps d’avoir mal au coeur, si j’étais du genre à être sensible à la nausée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà trois paragraphes pour parler de la partie noble et moderne de la puanteur lors de ce séjour. Ce pourrait être le couplet « &lt;em&gt;L'Inde aux prises avec les méchantes attaques de la civilisation matérielle et motorisée&lt;/em&gt; ». Un peu plus, et certains y trouveraient une occasion de se déchaîner contre le capitalisme ou le libéralisme économique ou le productivisme. Si j’écrivais dans certains mensuels, je ferais cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j’ai dit que Bombay sentait le soufre, et j’y reviens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est aussi l’anhydrique sulfureux. Vous vous souvenez de cette odeur dans certaines anses de certains lacs sauvages en train de virer en tourbières, cette odeur que des canoteurs et pêcheurs de lac appellent « les oeufs pourris ». Donc, une odeur qui vient d’un gaz qui est lui-même le produit de la décomposition anaérobique de la matière organique. Bombay sent parfois cela et c’est quand même supportable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais à Bombay, c’est plus que ça et c’est écoeurant, très souvent. Écoeurant, c’est-à-dire que cela donne envie de vomir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, cela ressemble parfois à l’odeur d’une grève à marée basse quand c’est de la végétation et divers détritus en décomposition qui occupent la batture plutôt que les cristaux de sable d’une belle plage. À d’autres moments, plus fréquents, l’odeur ambiante rappelle celle des lavures de poubelle d’un restaurant chic de par chez nous fraîchement cuites sur de l’asphalte noire d’un stationnement, l’odeur d’une grosse benne à déchets d’un restaurant quand vous passez trop proche, parce que vous travaillez là comme plongeur et homme des corvées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, encore une dernière odeur de soufre, moins littéralement écoeurante mais qu’on ose pas nommer tout de suite, parce que nommer la chose est un tabou extrême en Occident. Les hommes du monde et femmes du monde de notre époque prennent un air dégoûté comme si de leur en parler salissait leurs oreilles ou leur cerveau. En entendant ma sourde plainte contre la puanteur de la ville, une connaissance de Montréal, présente à la même conférence que moi et qui prolongea ensuite son séjour en Inde, mais plutôt ailleurs dans le pays, me dit, sur un ton enjoué que je préfère de beaucoup aux attitudes pincées : « C’est l’odeur de la vie ». Cela m’a cloué le bec. Oh que c’est tout de même charitable, ma belle ! Ah ces libéraux occidentaux qui font mine de ne s’apercevoir de rien par politesse ? Peut-être pas. Réflexion faite : c'était la seule façon intelligente de me répondre. L'autre façon aurait été plus ennuyante : ben, oui, mon pierrot, ça pue, que veux-tu que j'y fasse ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Disons-le, en mars dernier, il règnait sur une bonne partie de Bombay une odeur à vous rappeler les pires vesses que vous ayez jamais respirés. Sauf que d’habitude, au bout de quelques secondes, vous n’y pensez plus, à ces émissions gazeuses. C’est un souvenir comique de l’intimité familiale. À Bombay, vous mijotez dans ça pendant une demi-heure, le temps que les autres odeurs sulfureuses dont j’ai parlé reviennent vous sauter au nez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À Bombay, on ne peut pas s’échapper d’une odeur en piquant une course, pour aller plus loin, à moins d’être marathonien et d’avoir des poumons bioniques. À Bombay, en mars, on ne s’échappe pas, sinon en sautant dans un avion à destination d’une ville mieux ventilée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus beau, c’est que les mois de février et de mars sont très secs à Bombay et il ne fait que 35 degrés. Au mois de juillet, durant la mousson, le temps est plus chaud et plus humide. Ouf.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Maintenant qu'on a rigolé, soyons plus philosophes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;C'est peut-être bizarre mais il me semble que plus le temps passe, plus s'installe dans ma conscience un sentiment pour Bombay : malgré tout ce que j'ai pu raconter, qui est très superficiel, cette ville ne m'inspire pas du dégout, ni de la pitié ou de l'admiration, mais de l'affection. C'est vraiment curieux.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/409569205655224861-8466214090991419993?l=pierre-croteau.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/feeds/8466214090991419993/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/05/bombay-la-digestion-dune-megapole.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/8466214090991419993'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/8466214090991419993'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/05/bombay-la-digestion-dune-megapole.html' title='Bombay : la digestion'/><author><name>..............</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07757381534761916659</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-409569205655224861.post-6897125771237905807</id><published>2009-05-03T22:23:00.034-04:00</published><updated>2009-05-27T11:17:12.325-04:00</updated><title type='text'>Bombay : le pouls et les artères</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Du matin au soir, de 7h à 20h au moins, la vie à Bombay bat au rythme des klaxons. Cela n’arrête pas. Il n’est pas rare d’entendre soixante &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=VRCTImCAJ6Q&amp;amp;feature=PlayList&amp;amp;p=75B49E5B205EEDBD&amp;amp;playnext=1&amp;amp;playnext_from=PL&amp;amp;index=3"&gt;coups de klaxon &lt;/a&gt;par minute. Caché dans le fond des bâtisses climatisées, on peut arriver à oublier. Contrairement au Québec, où le klaxon sert surtout à manifester son indignation, à donner une évaluation, après le fait, à Bombay le klaxon sert à prévenir. Le coup de klaxon y est souvent bref et ne s’accompagne d’aucune grimace et d’aucun geste vulgaire. Les Mumbaïkars (les habitants de Bombay) sont trop bien élevés pour cela, moins gonflés de leur propre ego que les enragés d’ici. Certes, prévenir : c’est ce qui devrait être la fonction d’un klaxon. À Bombay, les automobilistes abusent certainement du klaxon, mais l’automobiliste qui va s’emparer de l'espace libre et klaxonne pour prévenir les autres semble un animal plus fréquent que le frustré klaxonnant parce qu'il a été inopinément ralenti alors qu'il roulait trop vite, tandis qu'au Québec, c'est le contraire. Et pourtant les déplacements prennent bien plus de temps à Bombay.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette ville, le moindre espace sur la route est vite comblé. On roule à sept de large sur des routes à trois voies. Et les motocyclettes et mobylettes tricotent allègrement à travers cela, beaucoup plus rarement un charrette à un essieu tirée par un homme (mais cela se voit). Le piéton n'a pas la priorité, à moins d'être en talle de piétons et de la prendre.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:78%;"&gt;Les véhicules sont plus petits, autos et camions confondus, ce qui ne les empêcheraient pas d'aller toujours aussi vite que chez nous en Amérique, si ce n'était de la densité de la circulation, qui limite la vitesse moyenne à laquelle on peut rouler. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;L’étonnant est que votre taxi puisse prendre 80 minutes pour vous faire traverser la ville, depuis l’aéroport jusqu’aux environs de la station ferroviaire Churchgate, et cela en roulant sans arrêt, et sans poireautage de plus que quelques courtes minutes en une dizaine d’intersections, et que vous ne voyez aucun accident survenir ou ne voyez aucun blessé ni épave de véhicule témoignant d’un récent accident de la route. Évidemment, les automobiles avec des portières graffignées ne se comptent pas, mais c’est à se demander si les Mumbaïkars, dont le salaire horaire est très certainement très souvent inférieur aux nôtres, s’arrêtent pour une poque sur un char.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les statistiques indiennes contredisent probablement mes bonnes impressions à propos de la fréquence des accidents de la route à Bombay, mais il faut dire qu’une auto, même une voiture-taxi, y dure plus longtemps que dans la vallée du Saint-Laurent. C’est ainsi qu’une bonne partie de la flotte des voitures-taxis de la grande cité indienne est composée de petites Fiat de plus de trente ans. Le soir, on en voit quelques unes de stationnées le long des rues, souvent avec un homme en dessous en train de la rafistoler. Ces autos sont la plupart du temps peintes en noir avec un toit jaune. Je les appelle « les globules noirs » de Bombay.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans ses &lt;a href="http://blogs.abcnews.com/photos/uncategorized/2007/10/18/071018russoa.jpg"&gt;globules noirs presque sans cesse en circulation, les globules rouge-orange (autobus) &lt;/a&gt;et les nombreux trains bondés de travailleurs chaque matin et soir, la métropole de l’Inde n’arriverait pas à faire circuler et prospérer une part suffisante de ses 20 millions d’habitants. Imaginez si sur l’île de Montréal, où dort actuellement 1,8 million de personnes, la population totale du Québec (7,7 millions) trouvait un logement et son gagne-pain : la densité de population dans l’agglomération de Bombay est encore plus forte que ça. Bombay n'est pas une ville où les ados de 16 ans et plus possèdent chacun une auto qu'il faut réussir à stationner à proximité de leur job, de leur école ou du bungalow de maman. Les employeurs, les commerces au détail et l'université ne gaspillent pas l'espace en terrains de stationnement à Bombay. Pas encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la municipalité même de Bombay, la masse des 12 millions de Mumbaïkars dort dans des immeubles d’habitation paraissant avoir rarement moins de quatre étages, et plus souvent sept ou huit étages, et parfois davantage. Ce n'est pas toujours facile de voir cela à partir du trottoir à travers le feuillage des hauts arbres. Les trottoirs de la métropole indienne, souvent collés sur les édifices, ne servent pas seulement à attendre l’autobus. On s’y déplace à pied, et sur certains segments, on y offre de la marchandise, on y dîne, on y soupe, on y dort sa nuit. J’y ai aussi vu un gamin blanc de savon prendre sa douche, avec un boyau d’arrosage. J’y ai même vu une vache. Et une sorte de sadu avec un téléphone mobile. Parfois, quand j’étais dans les parages d'un groupe de touristes, on m’a sollicité avec insistance pour acheter une bébelle, mais j’ai croisé moins de mendiants à Bombay en neuf jours que j’en croise parfois en une soirée de fin de mois sur le Plateau Mont-Royal ou dans le Quartier latin à Montréal. En plus, à Bombay, on échappe aux sermons de science sociale mal digérée. À Bombay, il y a des bidonvilles à quelques mètres de certains palaces pour touristes, mais les Mumbaïkars ne donnent pas l’impression d’être rendus agressifs par la richesse des autres. Les hommes en uniforme n’ont pas l’air de s’occuper de la faune des trottoirs. Les rares parcs publics que j’ai vus n’étaient ni gardés le soir, ni squattés par qui que ce soit. Les fins de semaine, ces parcs étaient envahis par les amateurs de cricket, la religion du peuple de Bombay après l’hindouisme et l’Islam.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après des mois de quasi-sécheresse, comme c’est le cas normalement en hiver à Bombay, il y a encore de l’eau qui coule du robinet quand on l’ouvre à la mi-mars. L’eau chaude dans ma chambre d’hôtel ne sortait pas toujours avec pression du robinet, mais la pression pour l’eau froide (à peine rafraîchissante, en fait) était là. Quant au litron d’eau potable acheté au coin de la rue, il revenait à 15 roupies, soit environ 37 cents canadiens. Et ce sont des Mumbaïkars ou des touristes de l’Inde qui achètent ces bouteilles, car les Visages-Pâles de l’Occident m’ont semblé aussi rarissimes que pourtant repérables. Il faut dire que Bombay, contrairement à certaines villes de la vallée du Gange ou aux plages de Goa, est loin d’être une populaire destination du tourisme international. La connaissance de l’anglais y est faible, même dans le personnel de l’industrie touristique.&lt;br /&gt;-Vous avez un bel hôtel, monsieur.&lt;br /&gt;-Oui. Merci.&lt;br /&gt;-En quelle année a-t-il été construit ?&lt;br /&gt;-Oui, oui, c’est bien cela.&lt;br /&gt;Une réponse répétée avec le sourire le plus doux que vous ayez vu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bombay est un chaos et un miracle quotidiens : cette ville existe et prospère.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/409569205655224861-6897125771237905807?l=pierre-croteau.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/feeds/6897125771237905807/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/05/savoir-vivre-bombay.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/6897125771237905807'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/6897125771237905807'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/05/savoir-vivre-bombay.html' title='Bombay : le pouls et les artères'/><author><name>..............</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07757381534761916659</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-409569205655224861.post-2734246021219986144</id><published>2009-02-24T11:19:00.001-05:00</published><updated>2009-02-24T08:46:05.476-05:00</updated><title type='text'>Objectif Bombay.</title><content type='html'>&lt;span style="font-family:lucida grande;font-size:85%;"&gt;Dans &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.allmovie.com/cg/avg.dll?p=avg&amp;amp;sql=1:55715"&gt;L'année de tous les dangers&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, un film de fiction de Peter Weir, le narrateur de la première partie du film, le photo-reporter Billy Kwan, dit : « &lt;em&gt;On se retrouve tous enfants devant la misère de l'Asie.&lt;/em&gt; » &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:lucida grande;font-size:85%;"&gt;Billy Kwan dit cela en regardant aller un confrère journaliste, Guy Hamilton, le nouveau correspondant d'une chaîne radiophonique australienne à Djakarta, la grouillante capitale de l'Indonésie. Je dis grouillante : il faut lire bidonville et non discothèque. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:lucida grande;font-size:85%;"&gt;Guy Hamilton arrivait en Indonésie en 1965, célibataire, dans la mi-vingtaine, et rempli d'une ambition professionnelle que son goût de l'aventure servira. J'arriverai en &lt;a href="http://www.wall-maps.com/Countries/IndiaPhysical.jpg"&gt;Inde&lt;/a&gt; en 2009, à 46 ans, marié, bientôt père, et pour couvrir un événement de cinq jours qui aurait pu se dérouler aussi bien à Genève, Québec ou Honolulu. Ou New York. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:lucida grande;font-size:85%;"&gt;En tant que journaliste à la revue &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.info-tabac.ca/"&gt;Info-tabac&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, je m'en vais, en compagnie de l'éditeur de cette publication, couvrir la &lt;a href="http://www.14wctoh.org/home.asp"&gt;14e conférence mondiale sur le tabac ou la santé&lt;/a&gt;, qui a lieu cette année à Mumbai, ou Bombay si on veut. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SaNLDQ0-OLI/AAAAAAAAAAM/NZbh1wYIauU/s1600-h/Bombay+satellite.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5306167305401415858" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; CURSOR: hand; HEIGHT: 200px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SaNLDQ0-OLI/AAAAAAAAAAM/NZbh1wYIauU/s200/Bombay+satellite.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Mais tout de même, &lt;a href="http://fiveprime.org/hivemind/Tags/mumbai,skyline"&gt;Bombay&lt;/a&gt;, ce n'est pas la porte d'à-côté pour deux journalistes du Québec. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Primo, pour ouvrir la porte de l'Inde, il faut des visas. Mon patron a envoyé nos passeports à l'ambassade indienne à Ottawa, qui nous les a renvoyés avec de beaux auto-collants qui ont un air de billets de banque recouverts d'une pellicule de plastique. Nous ne sommes plus à l'ère des petites étampes en caoutchouc et des tampons encreurs. Tout de même, je vois déjà les sourcils froncés des garde-frontières américains la prochaine fois que je vais aller aux États-Unis visiter ma belle-famille. « &lt;em&gt;What was the purpose of your journey in India, sir ? » &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Secundo, au terme d'un long voyage en avion avec escale à Londres, il y a en Inde un monde de microbes et de virus qui ne demandent qu'à pourrir l'existence des pacifiques envahisseurs que nous sommes. Par précaution, nous sommes vaccinés contre l'hépatite A, l'hépatite B, la diphtérie, la coqueluche, la poliomyélite, et j'en oublie. L'infirmière de la clinique des voyageurs nous a aussi conseillé de ne pas toucher à ceci, de ne pas manger de cela, de ne pas faire ceci ou cela, d'apporter des condoms, etc. Ouf. Heureusement que nous allons à Bombay pour travailler. Avec toutes ces précautions, il faudra que des &lt;a href="http://blogs.abcnews.com/photos/uncategorized/pakistan3_cia_map_nr.jpg"&gt;terroristes&lt;/a&gt; s'en mêlent pour que nous soyons empêchés de faire le voyage que nous avons planifié.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Tertio, ni mon compagnon de voyage ni moi ne sommes déjà allés en Asie. Serons-nous des enfants devant le spectacle ?&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/409569205655224861-2734246021219986144?l=pierre-croteau.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/feeds/2734246021219986144/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/02/objectif-bombay.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/2734246021219986144'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/409569205655224861/posts/default/2734246021219986144'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pierre-croteau.blogspot.com/2009/02/objectif-bombay.html' title='Objectif Bombay.'/><author><name>..............</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07757381534761916659</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_CtdDtw-8BHE/SaNLDQ0-OLI/AAAAAAAAAAM/NZbh1wYIauU/s72-c/Bombay+satellite.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry></feed>
